Des traducteurs pour faciliter la relation patients-soignants

Comment permettre les échanges entre les patients étrangers et les équipes soignantes ? Pour répondre à cette problématique, l’hôpital Arthur Gardiner (Dinard) fait appel à l’association « Maux Sans Frontière »…

Des traducteurs pour faciliter la relation patients-soignants

L’histoire débute en 2016, avec une personne d’origine chilienne hospitalisée en service de soins de suite et de réadaptation gériatrique à l’hôpital Arthur Gardiner. La patiente communiquait dans sa langue maternelle, l’espagnol. Après discussion en équipe pluridisciplinaire, le personnel soignant a émis des doutes quant à sa compréhension des consignes, notamment pour la rééducation fonctionnelle. Mais comment faire pour évaluer la compréhension des consignes par la patiente, et la rassurer dans sa langue maternelle ? La psychologue de l’hôpital a alors fait appel à une interprète espagnole, intervenant au sein de l’association « Maux Sans Frontière ».

La région malouine étant très touristique, l’hôpital reçoit chaque année de nombreuses personnes ne parlant pas le français. Depuis, les équipes d’Arthur Gardiner à Dinard (Ille-et-Vilaine) font appel à l’association pour des missions d’interprétariat, auprès de patients non-francophones. Par principe, « Maux sans frontière » intervient lorsqu’il y a une certaine urgence. La mise à disposition d’un interprète bénévole dans un très court délai caractérise l’association. Les interprètes interviennent bénévolement, à chaque demande de l’hôpital. « Pour les remercier et les aider, nous faisons un petit don chaque année à l’association » explique la Directrice de l’hôpital.

Arthur Gardiner dispose des coordonnées d’un membre de Maux sans frontière qui sert de relais avec les interprètes. Lorsque l’hôpital a un besoin, il contacte cette personne en précisant la langue souhaitée, le lieu et l’heure du rendez-vous. Un interprète disponible est alors recherché. Aujourd’hui, ce sont 58 interprètes qui sont membres de l’association, et qui peuvent permettre la communication entre les soignants et les patients de l’hôpital.

Au sein de l’hôpital Arthur Gardiner, des interventions ont été effectuées en anglais, allemand et espagnol. Des cas particuliers assez lourds ont nécessité le relais de plusieurs interprètes, par exemple un patient en rééducation cardiaque pendant 4 semaines. Le rôle des interprètes est multiple. Ils facilitent le dialogue entre le personnel de santé, les voyageurs étrangers malades ou accidentés, et leurs familles. Ils assistent également les services administratifs de l’hôpital sur les questions liées à la situation particulière des patients : assurance, rapatriement, etc.

« L’intervention de l’association permet d’assurer d’une bonne communication entre le patient, sa famille, le médecin et les équipes soignantes. Certes, nous pouvons avoir recours aux professionnels de santé qui parlent une autre langue… mais ils ne sont pas toujours disponibles » précise la Directrice d’Arthur Gardiner.

Dans l’échange entre patient et personnel soignant, le traducteur s’en tient strictement à la traduction des paroles échangées. Il n’a, en général, pas de formation dans le domaine médical. Les interprètes sont de nationalités différentes et de milieux très différents, ils doivent avoir une parfaite maîtrise de la langue française et la langue étrangère demandée.

Pour Françoise Le Ber, présidente de « Maux sans frontière » : « Après 14 ans de fonctionnement, Maux sans Frontière a fait la preuve de son utilité et de son efficacité. Elle est très appréciée des différents services hospitaliers et des patients au profit desquels elle intervient. Et cette démarche altruiste est également valorisante pour les interprètes eux-mêmes. Aujourd’hui, nous souhaitons susciter des initiatives du même genre dans d’autres villes en France et partager notre savoir-faire ».