Visuel établissement

À Saint-Georges-sur-Baulche (Yonne), Le Village a travaillé avec le Juge d’Application des Peines pour obtenir une habilitation permettant d’accueillir des personnes jugées à du travail d’intérêt général (TIG). Explication du directeur de l’établissement.

Accueillir des personnes en TIG

Un engagement en faveur d’un public fragile

« Accompagner des personnes dans la réinsertion et l’emploi est assez proche de nos missions d’accompagnement des publics les plus fragilisés que nous effectuons au quotidien » explique le directeur de l'établissement.

Un tel engagement ne se prend pas à la légère, et une procédure assez longue a été menée pour recevoir l’habilitation à accueillir du public en TIG : une rencontre avec le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation pour définir le cadre d’accueil, un dossier du tribunal de grande instance à remplir, puis une enquête sur l’établissement. L’habilitation a été effective en juillet dernier.

Depuis, une dizaine de personnes ont été  accueillies dans l'établissemet : « elles doivent faire entre 60 et 120h de TIG. Ces heures ne sont pas soumises au droit du travail, et sont totalement gratuites pour l’établissement. Ce qui intéresse les personnes en TIG, c’est que nous sommes un internat : ouvert tous les jours, 24h/24. Ils peuvent ainsi combiner leurs TIG et un emploi ou des études, comme c’est souvent le cas. Leur présence est un plus pour l’établissement, qui peut faire face à un fonctionnement moins optimal le week-end, car il y a moins de salariés ».

Une solution innovante au service de l’établissement

Les profils sont très différents : un étudiant en BTS audiovisuel, un ancien vigneron, une aide-soignante diplômée…Il est possible de « cibler » des profils, pour trouver des compétences adaptées à l’établissement. « Il est aussi possible de refuser du monde, sans avoir besoin de se justifier : le bon fonctionnement de mon établissement reste ma priorité, c’est pour cela que je refuse les personnes avec des antécédents psychiatriques ou de violences » souligne le directeur. « Toutes les personnes accueillies ont été d’une grande aide pour l’établissement. J’essaye de valoriser les compétences de chaque personne, et de me servir de ses atouts pour améliorer le fonctionnement de mon établissement et la qualité de vie des résidents » : que ce soit son jardin, qui a été entretenu, des murs repeints, des caves débarrassées… toutes les tâches que le personnel n’a pas le temps de faire au quotidien mais qui aident beaucoup, sont ainsi réalisées.

Un rôle d’accompagnement

L’établissement a aussi son rôle à jouer : un rôle d’accompagnant vers l’emploi et la réinsertion. Le directeur de l'établissement est tuteur de chaque personne accueillie, qui travaille en binôme avec une équipe en particulier. Les missions confiées sont uniquement (sauf cas exceptionnel) réalisées dans les parties communes de l’établissement : les personnes ne doivent pas entrer dans les chambres, et n’effectuent pas de soins.

« Je n’ai eu aucune mauvaise surprise de type absentéisme. Les modalités d’accueil sont bien définies avec la justice : jours et horaires de chaque personne, qui doit émarger tous les jours pour justifier ses heures. Comme il s’agit de TIG, les heures ne sont pas soumises au droit du travail : si une personne souhaite travailler six jours de suite, c’est possible » note le directeur.

Pour lui, cette expérience est un gros plus dans le fonctionnement de son établissement. « Cela demande un peu d’investissement, au début notamment, il faut recevoir les gens, assister à quelques réunions…Mais ce n’est rien par rapport à ce qu’ils nous apportent. J’encourage d’autres établissements à se lancer dans l’aventure ! »