Visuel débat

À l’occasion du Grand Débat National, l’établissement des Mazets de l'Argilier d'Aubais (Gard) s’est mobilisé. Une vingtaine de résidents, des soignants, la directrice et le médecin se sont réunis. Les échanges étaient co-animés par le Cercle Vulnérabilités & Société.

Grand Débat National aux Mazets de l'Argilier

Pour amorcer et orienter les échanges, plusieurs questions ont été proposées :

  • Qu’est-ce que la citoyenneté pour vous ?
  • Comment vous sentez-vous citoyen ?
  • Qu’est-ce qui aujourd’hui semble fonctionner ou ne pas fonctionner ?
  • Que pourrait-on faire pour changer les choses ?

 

« Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on a rien à dire »

Pour les résidents, « on est citoyen à plusieurs, pas tout seul », «  la citoyenneté, c’est vivre ensemble : si on s’exclut de la communauté, on ne peut pas être citoyen ».

La citoyenneté, c’est avoir des codes partagés : politesse, écoute, considération et dialogue. Les résidents mettent en avant leur droit d’expression : « Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on n’a plus rien à dire ou apprendre, et inversement pour les jeunes ».

Etre citoyen, c’est être en capacité de s’exprimer et d’être entendu. Les résidents estiment qu’ « on doit pouvoir faire entendre sa voix, dire ce qui va ou ne va pas », « tout le monde ne veut pas s’exprimer, mais ceux qui veulent doivent pouvoir le faire ».

Comment favoriser le respect collectif et individuel ?

Aux Mazets de l’Argilier, les résidents ont proposé de rétablir le service militaire sur une période de 6 mois pour tous afin de restaurer l’autorité, d’aider les jeunes qui n’ont pas de travail en leur permettant de disposer d’outils utiles à l’insertion comme le permis de conduire.

Pour valoriser les parents dans leur rôle éducatif, les participants ont estimé nécessaire de diffuser les bonnes pratiques à travers des guides et de favoriser l’accompagnement individuel des familles. Proposer un « défraiement de parent au foyer » permettrait selon les participants de favoriser la présence d’un des parents le plus longtemps possible au sein du domicile.

Des personnes âgées soucieuses du devenir des jeunes

Les résidents ont souligné l’importance de remettre la valeur du travail au centre de tout.

L’idée de progrès a été questionnée : il est important de différencier le bon progrès comme celui qui fait avancer la condition des femmes dans la société, du progrès plus douteux : « ça n’a pas de sens d’aller d’investir des sommes folles pour aller dans les étoiles alors que les gens meurent de faim sur la terre ».

Pour cela, le débat a mis en lumière des idées d’amélioration concernant les jeunes. « Quand on fait ce qu’on aime, on travaille », c’est pourquoi favoriser une meilleure orientation des jeunes à la sortie de l’école est nécessaire.

Comment favoriser l’expression et l’écoute des citoyens ?

Les participants ont insisté sur la nécessité « d’inverser la pyramide du pouvoir » pour faire valoir la parole des citoyens. Le pouvoir est déconnecté de la vie quotidienne : il faudrait avoir plus de représentation locale et de diminuer le nombre de députés. Les mairies ont trop de travail mais pas assez de pouvoir décisionnaire.

Les résidents s’accordent sur l’idée de rendre le vote obligatoire et de comptabiliser le vote blanc et de faire de nouvelles élections si le taux de vote blanc est supérieur à 50%. Il serait important de systématiser des bilans d’actions politiques comme des bilans de mi-mandat : « on prête le pouvoir à nos élus, on ne leur donne pas », souligne un participant.

Pour que les pouvoirs publics répondent aux incivilités, les résidents ont souligné l’importance que l’Etat donne plus de moyens pour l’éducation, ainsi que d’habituer les enfants à être civils et citoyens dès le plus jeune âge afin que cela devienne un automatisme. Les salariés, quant à eux, pensent que l’Etat doit arrêter de mentir aux citoyens en montrant l’exemple (les responsables devraient présenter des casiers judiciaires vierges par exemple).

Les propositions des résidents des Mazets de l’Argilier seront transmises à l’Etat par le Cercle Vulnérabilités et Société.

 

Le Cercle Vulnérabilités & Société est un « think & do tank » qui étudie comment les vulnérabilités peuvent devenir un levier de développement économique et social. Pour cela, il rassemble plusieurs structures privées et publiques convaincues qu’ensemble, il est possible de déterminer des modèles innovants. L’action du Cercle V&S s’articule par des rencontres débats autour de personnalités politiques ou d’experts sur des sujets d’actualité du champ social et/ou de la santé, par des groupes de travail qui se réunissent toute l’année autour des thématiques « pathologies chroniques et vieillissements » et « précarités et relation sociales », ainsi que par des groupes organisés en fonction de l’actualité politique.