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Depuis un an, l’Oustalet à Plan d’Orgon (Bouches-du-Rhône) propose aux résidents qui souffrent de déambulation ou d’anxiété nocturnes d’être pris en charge par le PASA de nuit. Retour sur les premiers résultats.

L’expérimentation d’un PASA de nuit

Un bénéfice pour tous

Un point de rupture peut exister dans la prise en charge du résident pendant la nuit, les établissements étant peu dotés en personnel pour proposer un accompagnement de qualité aux personnes souffrant de troubles du sommeil.

A l’Oustalet, une douzaine de résidents, pour la plupart issus de l’unité protégée, ne s’endorment pas au moment du coucher organisé par les équipes, ou se réveillent au cours de la nuit. Cela peut engendrer des déambulations, des cris ou des angoisses. Ces situations ont des conséquences sur le résident concerné, les autres résidents qui sont dérangés, et le personnel de nuit, qui peut se retrouver face à une personne difficile à gérer. Un accompagnement nocturne individualisé peut limiter ces comportements et avoir un impact positif sur la qualité de vie de l’ensemble de l’établissement.

C’est avec cet objectif que l’ARS PACA a choisi mettre en place une expérimentation sur le territoire.

Un accompagnement du coucher au réveil

Concrètement, la prise en charge au PASA de nuit commence à 19h30. Une AMP/ ASG est référente du PASA. Des professionnels de santé (psychomotricienne, psychologue et cadre de santé) sont présents à tour de rôle pour coordonner le PASA de nuit. L’objectif est d’accompagner de façon individuelle les résidents au sommeil. « La fin de journée est plus paisible. On termine le repas, on débarrasse tranquillement, on prend une tisane ensemble. Puis un temps calme collectif est proposé : lecture de conte ou écoute musicale. L’important est de ritualiser le moment, pour faciliter l’endormissement et calmer les angoisses. Après l’activité collective, le raccompagnement en chambre se fait de manière individuelle, en fonction du souhait de chacun, en binôme avec l’équipe de nuit. L’idée est de se mettre au rythme du résident et de nous adapter à son besoin : on peut rester en petit collectif, ou en individuel, en fonction du cas » explique la directrice. « Une technique que nous utilisons souvent pour apaiser le résident est l’utilisation de la boite à mémoire, qui contient des objets personnels (photos, carnets, bibelots…) qui appartiennent au résident et lui sont chers. Cela nous permet de faire une médiation ».

Des séances Snoezelen peuvent également être proposées. Toute la nuit, la référente est présente pour accompagner et rassurer les résidents. Dans le cadre de l’expérimentation, les référentes du PASA ont bénéficié de deux sessions d’initiation à la méthode Montessori.

À partir de trois heures du matin, les résidents commencent à se réveiller. La référente du PASA de nuit est alors présente pour eux, elle peut servir une collation et un café en attendant le petit-déjeuner, ou faire des toilettes thérapeutiques.

Mieux profiter de la journée

Lorsqu’ils bénéficient de cet accompagnement au sommeil, les résidents se relèvent moins pour déambuler, et sont moins sujets aux angoisses nocturnes, grâce à la présence constante de l’ASG : « elle peut rester le temps qu’il faut avec chaque résident, même si elle ne peut pas voir tout le monde au même moment, elle peut apaiser individuellement les personnes qui en ont besoin » précise la directrice.

Certains résidents arrivent à dormir plus longtemps la nuit, et ainsi se resynchronisent. Cela leur permet de partager davantage de moment avec les autres et de profiter des animations de la journée. « Le nombre de personnes concernées varie, car certains résidents n’ont plus besoin de l’accompagnement spécifique du PASA de nuit. Nous accueillons toutes les personnes qui en ont besoin, même de façon temporaire. L’intégralité des personnes qui avaient besoin d’être intégrées au PASA de nuit l’ont été, nous n’avons pas eu à faire de sélection » souligne la directrice.

Depuis la mise en place du PASA de nuit, la baisse des prescriptions de psychotropes est notable. Le rythme des résidents est mieux respecté, ce qui fait partie de la bientraitance.

Une mise en route complexe mais achevée

Comme pour toute expérimentation, le démarrage a été complexe : comment faire tourner le PASA de nuit ? Comment le gère-t-on ? « On partait de rien, nous avons avancé à tâtons, en équipe : nous avons eu du mal à trouver quelqu’un pour la nuit, le personnel de l’établissement était un peu inquiet pour se lancer. Finalement, avec un an de recul, on peut dire que notre PASA fonctionne, mais que nous avons encore des calages à faire pour un fonctionnement optimal. Heureusement, nous bénéficions de groupes de travail avec les autres établissements de l’expérimentation, qui ont tous rencontré les mêmes difficultés que nous » note la directrice.

Chaque trimestre, l’établissement doit produire un suivi précis à envoyer à l’ARS afin qu’ils évaluent les bienfaits du dispositif. Un comité de pilotage réunissant les référents des différents établissements en cours d’expérimentation se réunit régulièrement pour échanger sur la mise en place et l’évolution du projet.

L’expérimentation doit encore durer un an. La suite n’est pas encore décidée, elle le sera dans le courant du second semestre. « Nous apprenons beaucoup de ce dispositif, même s’il n’était pas déployé avant l’expérimentation. Par exemple, il est prévu que tout le personnel de l’EHPAD soit formé à la méthode Montessori, nous souhaitons améliorer le projet de nuit dans le projet d’accompagnement personnalisé, et identifier davantage les bénéfices du PASA de jour comme de nuit pour les résidents qui bénéficient des deux accompagnements  » conclut la directrice.

Rendez-vous à la fin de l’année pour les résultats complets de cette expérimentation !