VIsuel NOTH

Tous les quatre ans, les programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP) sont soumis à une évaluation. Celle-ci conditionne le renouvellement d’autorisation. Focus sur les résultats obtenus par le CRRF André Lalande à Noth (Corrèze).

Un bilan très positif de la prise en charge de la lombalgie chronique à Noth

L’éducation thérapeutique du patient (ETP) s’est progressivement imposée dans le paysage de la prise en charge médicale des maladies chroniques. L’évaluation régulière des programmes mis en place, quelle que soit la spécialisation, fait partie intégrante du processus. Elle permet de prendre du recul sur les pratiques, de mettre en lumière les forces et faiblesses et d’identifier des axes d’amélioration.

Nous vous présientions ici le programme de prise en charge de la lombalgie chronique développé au CRRF André Lalande. Le CRRF vient de boucler sa première évaluation quadriennale et les résultats ont permis de dresser un bilan très positif sur l’action menée.

 

Retrouver un confort de vie

Le docteur coordonnateur du programme revient sur ces résultats : « Que ce soit en termes de diminution des appréhensions, de gestion de la maladie (acquisition de compétences d’auto-soins et d’adaptation), ou de modifications apportées au mode de vie, tous les indicateurs sont au vert. Par exemple, l’analyse des questionnaires de suivi après la sortie du programme montre que 78% des patients ayant répondu ont une activité professionnelle contre 48% lors du diagnostic éducatif. 76% pratiquent une activité physique de loisirs régulière. On assiste aussi à de belles histoires de vie. Il y a quelques années, nous avons reçu une patiente, bibliothécaire, en arrêt de travail depuis plus d’un an. Au cours de ses cinq semaines d’hospitalisation, elle a réussi à faire émerger un souhait qu’elle avait en elle depuis plus de 20 ans : celui de devenir maçon. Les ateliers lui ont permis de combattre certaines des idées reçues qu’elle s’était forgées en souffrant du dos. Elle a également progressé dans la gestion de sa maladie jusqu’à retrouver un confort de vie normal. À l’issue du programme, elle s’est lancée dans une formation et a pu changer de métier. Nous avons aussi accueilli un monsieur travaillant sur une chaîne de montage dans une fabrique de meubles. Au cours du programme, il s’est pris d’une véritable passion pour l’activité physique qu’il a pu commencer à pratiquer sans douleur. Quand il a repris son travail, il a demandé à son employeur d’être reclassé au quai de déchargement où il a désormais à manipuler plusieurs tonnes par jour. »

Ces cas sont exemplaires, certes. Les résultats varient selon les personnes. Il arrive que certains patients interrompent le programme avant son terme. « L’ETP n’est pas une méthode miracle, précise le docteur Vimont. On apprend à gérer sa maladie, elle ne disparaît pas forcément. Mais l’amélioration de la qualité de vie est réelle. »

 

Développer la prévention dans le milieu professionnel

L’évaluation quadriennale présente également les axes de développement et d’amélioration que les équipes souhaiteraient mettre en place pour rendre la prise en charge encore plus efficiente. Parmi les premières pistes de réflexion envisagées : celle d’élargir le champ d’action au milieu professionnel et accompagner le patient à son retour dans l’entreprise. Il s’agirait de travailler davantage en concertation avec la médecine du travail. Les équipes souhaiteraient également développer, en entreprise, de manière préventive, des modules d’activités physiques et lombalgie pour des salariés qui ont des métiers à risque. Enfin, réduire le temps d’attente des patients pour intégrer le programme suppose de revoir les moyens financiers et humains alloués à ce type de prise en charge. « Des chantiers de travail passionnants », conclut le docteur coordonnateur.

 

Pour en savoir plus :

Consultez le rapport complet de l’évaluation de l’ETP lombalgique chronique du CRRF André Lalande en cliquant ici.