Visuel formation

Recruter est une problématique majeure dans notre secteur. Les établissements mettent en œuvre des actions pour pallier aux difficultés. Voici quelques bonnes pratiques.

Recruter et fidéliser les salariés

Des structures locales qui favorisent le retour à l’emploi

Dans certaines filières, le recrutement est plus difficile que dans d’autres. « Pour les métiers de la logistique, ce n’est pas trouver du personnel qui est compliqué, c’est de trouver du personnel formé, qui tient la route » explique Etienne Cougny, Directeur de Pierre Hauger, à Montbéliard. Pour parer à cette difficulté, il a mis en place des partenariats avec des associations locales de réinsertion professionnelle : «  nous travaillons avec plusieurs associations qui proposent à des personnes éloignées de l’emploi, particulièrement des femmes, des formations et des stages dans les domaines de la logistique. Cela concerne Pierre Hauger pour trois pôles : le ménage, l’hôtellerie et la lingerie. »

Le « deal » avec les associations : « nous accueillons régulièrement des stagiaires. En échange, ils nous envoient des profils particulièrement fiables et motivés. Et surtout, lorsque nous avons besoin d’un remplacement, nous avons un vivier de candidats potentiels qui sont déjà formés, et qui nous sont recommandés. Grâce à ces partenariats, nous n’avons presque plus recours à l’intérim. » souligne Etienne Cougny. Pour Yasmine El Menssouri, cadre logistique de l’établissement, certains profils sortent vraiment du lot : « les personnes qui arrivent par cette association ont tous une histoire de vie compliquée. Mais quand ils arrivent chez nous, ils sont motivés et ont envie de s’en sortir. En stage, ils découvrent les métiers de la logistique. Nous avons parfois eu de bonnes surprises : une personne qui a fait des remplacements pendant l’été au poste de lingère qui travaillait très bien, ou une autre qui est actuellement en CAE depuis un an qui remplit parfaitement son rôle. Dès que j’ai un poste vacant, je me tourne vers les associations. » En termes d’organisation, cela se passe de la même façon qu’avec une école : le tuteur vient faire des visites au sein de l’établissement, et l’association est disponible en cas de problème.

La mission locale est également une ressource qui peut être utilisée comme levier de recrutement : un établissement collabore avec cette structure et mène une politique d’accompagnement spécifique des futurs candidats en les aidant à s’inscrire au concours d’entrée aux écoles d’aide-soignant : «  nous prenons à notre charge le coût de l’inscription, le remboursement des achats éventuels de livres, nous apportons soutien et conseil dans la constitution des dossiers et la préparation des oraux. Il s’agit pour nous d’un investissement : le coût reste assez modeste, mais c’est surtout un pari sur l’avenir : une fois titulaires du diplôme, les aides-soignants diplômés pourront postuler dans l’établissement. En contrepartie, lorsque nous avons un poste vacant, nous faisons appel à la mission locale qui se charge de faire un premier tri des candidatures. Elle ne nous propose que des candidats qui correspondent à nos besoins et qui sont motivés. Cela nous permet également de nous positionner en tant qu’acteur recruteur sur le territoire. » explique le directeur.

Miser sur l’avenir en accueillant des personnes en formation

À L’Arousiney, de nombreux stagiaires sont accueillis : « ces stagiaires en formation peuvent devenir des salariés plus tard. » précise Dalila El Halafi, directrice. L’établissement travaille avec de nombreuses structures locales : l’IFAS (institut de formation d’aide-soignant) voisin, qui permet de recevoir des stagiaires aide-soignant, plusieurs IFSI (Formation en Soins Infirmiers), des instituts de formations qui proposent une formation d’AES et un lycée professionnel qui propose une filière ASSP (Accompagnement, soins et service à la personne).

Pour Dalila El Halafi, les bénéfices sont multiples : « sur des postes diplômants, c’est assez fréquent qu’un stage se concrétise par une embauche, ou des remplacements. J’ai été confrontée une année à une vague de départs, qui tombaient pile dans la période de fin de cursus d’IFAS, donc j’avais des stagiaires au sein de l’établissement. J’ai fait cinq recrutements de sortie d’école, ce qui a permis à l’établissement de continuer de tourner dans de bonnes conditions. Au-delà du recrutement, accueillir régulièrement des stagiaires nous permet de renforcer notre image dynamique sur le territoire, grâce aux retours des anciens stagiaires. Cela permet aussi aux équipes qui les accompagnent de revoir les bases de leur métier, et ça les valorise. ». Depuis deux ans, le partenariat avec l’IFAS s’est intensifié : « on nous demande d’intervenir pendant les formations, notamment notre ergothérapeute et sur des choses plus spécifiques, comme le toucher massage ou la formation « quali-soin ». Notre présence accrue au sein de la formation se traduit par une demande de stage plus importante. »

En ce qui concerne les lycées professionnels, les recrutements sont rares : les élèves sont encore jeunes et ont parfois du mal à tenir une posture professionnelle. Mais pour les directeurs, les accueillir permet de donner une image positive de l’EHPAD. « Dès le lycée, on repère des profils qui pourraient nous convenir, mais ce sont des personnes jeunes. J’essaye de les encourager à continuer leurs études lorsque nous nous entretenons au début et en fin de stage. J’essaye d’avoir un rôle d’accompagnement, qui va plus loin. Contrairement à ce que je pensais, les jeunes n’ont pas une image négative de l’EHPAD, ils sont concernés et savent comment ça fonctionne. Je remarque un comportement différent avec les résidents que les générations précédentes. Ils sont plus attentionnés, plus à l’écoute. C’est rassurant pour la suite ! » souligne Yasmine El Menssouri.

Toute une équipe mobilisée

Yasmine El Menssouri précise que « l’intégration d’une nouvelle personne, un salarié ou un stagiaire, passe par l’investissement de toute l’équipe. À Pierre Hauger, la nouvelle personne est toujours en binôme avec un salarié de son équipe. Je suis présente, mais ce sont principalement ses collègues qui se chargent de l’intégrer : cela permet une cohésion d’équipe par la suite. Ce sont les équipes qui transmettent leurs savoirs et forment les nouvelles personnes. Sans elles, ça ne pourrait pas fonctionner. »

À L’Arousiney, un groupe de travail pluridisciplinaire a travaillé sur l’accueil des nouveaux salariés et stagiaires. L’objectif : mettre à jour les outils et les process d’intégration lorsqu’il y a une nouvelle arrivée. « Nous avons par exemple mis en place un questionnaire de satisfaction anonyme pour les stagiaires accueillis. Cela nous permet de voir sur quels axes nous améliorer. J’intègre aussi les équipes au processus de recrutement, afin de croiser les regards, et éviter les erreurs. Enfin, je forme le maximum de salariés au tutorat, une formation proposée par la Fondation. En fonction du niveau du stagiaire, cette formation est parfois obligatoire. Cela me permet de valoriser mon équipe et de leur montrer que le management s’apprend. »