• 18/12/2020
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Aide-soignant coordinateur : au plus près des équipes

Aide-soignant coordinateur : au plus près des équipes
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En Isère, trois établissements de Partage et Vie ont créé un poste « d’aide-soignant coordinateur », qui travaille en binôme avec l’IDEC et permet un meilleur accompagnement des équipes de terrain. Cette initiative est aujourd’hui concluante. Retour sur une expérience qui a été cette année présélectionnée par les Trophées Silver Éco.

La réponse à un besoin de terrain.

Il y a 15 ans, la création d’un premier poste dans l’établissement Bon Rencontre à Notre-Dame-de-l’Osier est née d’un constat. Une équipe d’encadrement solide est essentielle pour faire progresser les pratiques et soutenir les professionnels. Au fil du temps, le poste d’IDEC en EHPAD a évolué vers un poste de cadre lui conférant des tâches nouvelles, qui peuvent impacter le temps dévolu habituellement à l’accompagnement de proximité des équipes. C’est pour apporter un appui à l’IDEC qu’a été décidée la création du poste d’aide-soignant coordinateur. L’expérience ayant été concluante, elle a été déployée ensuite à L’Arc-en-Ciel (Tullins) et au Moulin à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs (Isère).

L’aide-soignant coordinateur est en charge du management des équipes de soins : gestion des plannings, accueil et formation des nouvelles recrues, réalisation des entretiens annuels, suivi de l’application des process. Sa vision métier est un plus. Connaissant les contraintes et les exigences du poste de par sa propre expérience professionnelle, il peut identifier les points de blocage pour apporter les solutions. Étant en permanence au contact des soignants, il va également pouvoir identifier leurs compétences, mieux les accompagner en cas de difficultés et valoriser leurs savoir-faire.

Le soin… autrement.

À L’Arc-en-Ciel, c’est Audrey Carlin qui occupe ce poste. « J’ai débuté en tant qu’agent de soin, puis je suis devenue aide-soignante, métier que j’ai exercé durant 13 années à la Fondation. Il y a 5 ans, on m’a proposé le poste d’aide-soignante coordinatrice. J’ai un peu hésité, car je suis très “terrain” et j’avais peur de m’éloigner trop de mon cœur de métier et de perdre la relation “soin” qui m’unit aux résidents. Or, il n’en est rien. Bien sûr, le travail est très différent. Mais coacher une équipe, structurer les process, c’est aussi contribuer au bien-être des personnes accueillies. »

Pour remplir sa nouvelle mission, Audrey a bénéficié de formations telles que la gestion des plannings et la prise en main de logiciels spécifiques, par exemple. Elle a été formée aux techniques managériales. « Comme dans toute évolution d’un poste de soignant vers un poste d’encadrement, l’une des principales difficultés c’est de passer du “faire” au “faire faire” », explique Anne-Laure Dubois, directrice des établissements concernés. Cela repose aussi sur un savoir-être initial, socle d’une prise de poste réussie. « Les formations sont très utiles, précise Audrey Carlin. Mais j’ai également appris au jour le jour. J’ai adopté assez naturellement la posture de manager qui m’était demandée. Le contact avec les équipes passe bien. Je reste moi-même mon expérience me donne la légitimité nécessaire. Il est également important d’être à l’écoute des équipes.»

La force d’un binôme.

Le travail d’aide-soignant coordinateur s’effectue en étroite collaboration avec l’IDEC. Anne-Laure Dubois explique : « Plus qu’un poste, c’est un binôme que nous avons créé. C’est sur la complémentarité de l’IDEC et de l’aide-soignant coordinateur que repose le succès du dispositif.»  Il n’y a pas de lien hiérarchique. Mais c’est bien le partage des tâches qui va créer les conditions favorables de travail pour eux deux et pour leurs équipes. «Au-delà du partage des tâches, c’est le partage de la charge mentale qui va être important. Elles peuvent échanger sur les difficultés, trouver des solutions ensemble. Quand l’une est absente, l’autre prend le relais. Les équipes ont ainsi toujours un référent sur place. Cela rassure. »  

Cette organisation a aujourd’hui fait ses preuves. Parmi les bénéfices constatés, on observe une amélioration de la qualité des soins et de l’accompagnement des résidents, conséquence d’un management de proximité qui permet d’être au plus près des pratiques des équipes.  Ce type de management a également permis de réduire le taux d’absentéisme.

Le poste est pérennisé sur les établissements concernés, la prochaine étape serait de le faire reconnaître dans la CCN51. « C’est une tâche de long terme, conclut Anne-Laure Dubois, mais les instances du secteur saluent déjà la richesse de cette structuration. Nous avons reçu le soutien du Département, de l’ARS et de l’ANAP. C’est prometteur. »