- 01/01/2026
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Pauline Cabane : la bienveillance comme moteur du management
Pauline Cabane, IDEC à l’EHPAD Leis Eschirou (Drôme), témoigne de son management et de son organisation pour fidéliser les équipes, notamment en été.
L’été dans les établissements médico sociaux peut être synonyme de tensions en raison d’effectifs plus réduits. Comment éviter cela ? Pour Pauline Cabane, Infirmier Diplômé d'État CoordinateurIDEC à l’Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées DépendantesEHPAD Leis Eschirou (Drôme), tout réside dans un management bienveillant et une méticuleuse préparation en amont.
Quel est votre parcours ?
Ma vie professionnelle a débuté dans la vente de prêt à porter. J'ai ensuite passé un diplôme d’infirmière, en 2013, plutôt spécialisée dans la psychiatrie où j'ai travaillé longtemps, notamment en accueil et crise. Puis j’ai été Infirmier Diplômé d'État CoordinateurIDEC dans un groupe médico-social du secteur lucratif. Il y a 4 ans, je suis entrée à la Fondation en intégrant l’Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées DépendantesEHPAD Leis Eschirou pour faire des remplacements infirmiers dans un premier temps puis je suis devenue Infirmier Diplômé d'État CoordinateurIDEC. Ce qui m’a convaincue de rester ? C’est l’équipe, la philosophie de l’établissement et de la Fondation : la bienveillance.
On est entouré, on ne se sent pas seul, il y a de l'entraide et c'est très chouette. C'est une philosophie qui est différente de ce que j'ai pu connaître auparavant.
Nous mettons en œuvre un accompagnement personnalisé des résidents. Nous avons des outils mis à disposition pour travailler.
Quelles sont vos missions principales en tant qu’IDEC ?
Ma mission est d’abord d'être disponible pour mes équipes. Les accompagner, être à leur écoute, travailler avec elles, parce que c'est la meilleure façon de pouvoir faire évoluer les pratiques. Je pars du principe que les infirmières et les aides-soignantes sont sur le terrain et j’ai confiance en elles. Elles sont formées, et connaissent leur travail. Je prône un management d'accompagnement qui leur permet d'avoir une certaine autonomie. Elles doivent se sentir entendues, soutenues et valorisées dans leur travail qui est difficile. Si besoin, je monte dans les étages pour donner un coup de main. Il faut savoir accompagner ses équipes dans les moments difficiles.
Ma 2e mission est de faire en sorte que les résidents se sentent bien et qu'ils aient un projet personnalisé qui réponde au mieux à leurs besoins. Ma 3e mission est d’être disponible pour ma direction en fonction des besoins de l'établissement. Beaucoup de travail est mené avec les partenaires, avec les autres responsables de l’établissement pour qu'il y ait une communication qui soit le plus apaisée possible. Leis Eschirou, c’est un petit établissement de 59 résidents. C'est ce qui fait aussi notre force. L’EHAPD est à dimension familiale, et offre un accompagnement de proximité.
Que faire pour éviter les tensions en ressources humaines pendant l’été ?
Il faut déjà partir du principe que l'été est un moment de tension. Il faut être très concret : tout le monde ne peut pas prendre ses congés en même temps les 3 premières semaines d'août. Sinon cela met toute l'équipe en difficulté. Cela est frustrant. Dans l’établissement, les congés sont posés le 31 mars pour pouvoir planifier. Les équipes arrivent à s'organiser ensemble. Si à la fin il reste une problématique, je tranche en regardant les années précédentes.
Il est important aussi travailler en amont pour que les équipes ne soient pas fatiguées en arrivant au mois de juin. J’ai une période de vigilance de mars à juin sur la motivation de chacune. Ensuite je travaille avec un pool de remplaçantes que j'essaie de fidéliser pendant l'année, pour qu'elles soient plus disponibles l'été. Il y a beaucoup de concurrence de la part d’autres Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées DépendantesEHPAD de la région, notamment publics.
Je travaille avec des étudiants infirmiers qui viennent en stage. A la fin de première année ils sont diplômés aides-soignants. Je leur propose du travail l'été. Nous faisons du démarchage dès avril et mai auprès des IFSI. Les jeunes n’ont pas toujours la connaissance ou l'expérience de nos métiers mais si on leur propose un accompagnement, cela peut marcher. J'ai formé récemment une jeune fille qui était une auxiliaire de vie à domicile et qui avait les compétences en ménage. Le soin l'intéressait. Elle a été en formation pendant un mois auprès de mes équipes et cela m'a permis d'avoir un agent de soin supplémentaire. C'est aussi un choix de mon directeur qui m’apporte du soutien, car cela a un coût.
Le management bienveillant : la clé
Le management bienveillant est un élément d’attractivité et de fidélisation. L’établissement essaie par exemple de s'adapter au maximum aux rythmes de vie. Les cycles de travail sont construits autant que possible en fonction des contraintes des salariés. On s’adapte sur les mercredis, les week-ends. Mon équipe sait que j'essaie toujours de les arranger au maximum. Il y a une contrepartie derrière : quand je ne peux pas, elles savent que j'ai vraiment tout essayé. C'est donnant-donnant. Et puis il y a le matériel qu'on essaie d'acheter régulièrement pour faciliter les gestes, les rendre moins pénibles.
Je dis toujours qu’il faut savoir prioriser les urgences et ne pas s'épuiser. Se dire que demain ce sera une autre journée. On ne peut pas arriver la boule au ventre au travail. Si c’est le cas, mes équipes savent qu’il faut venir m’en parler dans mon bureau. Ne pas hésiter aussi à m’interpeller en tant qu’infirmière. C’est le métier pour lequel j’ai été formée. Je peux donner mon regard sur des pansements par exemple. Quand les journées sont à flux tendu, il m'est arrivé de venir remplacer une aide-soignante de nuit, de faire des toilettes parce qu’on était trop en sous-effectif. C’est très ponctuel, mais cela montre aux équipes que je suis avec elles.
Je pense qu’il faut toujours se rappeler que l’entraide et la communication sont essentiels et que nous ne pouvons avancer les uns sans les autres.
