- 01/01/2026
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Sonia Atipo, auxiliaire de vie et ASG : « J’ai trouvé ma voie »
Quand elle franchit pour la première fois les portes d’Atmosphère en 2017, Sonia Akipo ne découvre pas seulement un métier : elle met un nom sur ce qu'elle souhaite faire depuis toujours. Auxiliaire de vie, puis assistante de soins en gérontologie (ASG), elle accompagne, stimule, rassure et redonne confiance aux personnes âgées, malades ou isolées.
Une vocation née très tôt
Avant Atmosphère, Sonia a exercé dans la logistique, dans le commerce, et a longtemps évolué dans l’univers de la mode, un héritage maternel. Mais depuis l’enfance, une autre réalité l’habite. Très jeune, elle perd sa mère et grandit auprès de sa grand-mère, elle-même vulnérable.
« Je voyais ma grand‑mère en difficulté, et j’étais trop petite pour l’aider. Je me suis dit qu’un jour, je serai là pour les personnes isolées. C’était une promesse que je me faisais à moi‑même. »
Cette détermination la mène vers le bénévolat : pendant dix ans, elle accompagne des personnes âgées, simplement avec son instinct et son envie d’aider. La reconversion devient une évidence : Sonia suit une formation, postule chez Atmosphère, et commence officiellement ce qui deviendra plus qu’un métier.
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Comment êtes-vous devenue auxiliaire de vie puis ASG ?
Pendant des années, j’ai été bénévole en parallèle de mon travail. Mais ça ne me suffisait plus : j’avais envie d’y consacrer pleinement mon temps. J’ai alors suivi une formation via Pôle emploi et sauté le pas. Quand j’ai rejoint Atmosphère, j’ai retrouvé ce que j’aimais : le contact humain, la relation, l’utilité.
Ensuite, j’ai suivi la formation d’assistante de soins en gérontologie. Cette formation m’a permis de mieux comprendre les troubles cognitifs, de développer d’autres approches, d’adapter les interventions. Aujourd’hui, je suis souvent missionnée auprès de personnes Alzheimer, ou ayant des troubles du comportement. C’est un rôle qui me correspond.
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Quelles sont les particularités de vos missions aujourd’hui ?
Aucune intervention ne se ressemble. J’accompagne des personnes très âgées, mais aussi des personnes plus jeunes : j’ai déjà suivi une jeune fille de 16 ans en situation de handicap, et actuellement des adultes d’une quarantaine d’années, cérébro‑lésés ou présentant des troubles psychiatriques.
Mon rôle, c’est d’évaluer leurs besoins, leurs capacités restantes, ce qui leur donne envie. Pour certaines personnes, ce sera la stimulation cognitive, pour d’autres une sortie, une balade, un musée, ou simplement retrouver l’envie de se lever le matin.
Avec les personnes Alzheimer, il faut du temps. On ne peut pas arriver en disant « c’est l’heure de la toilette ». Parfois, il faut 20 minutes, parfois 40, pour créer un climat de confiance. C’est un travail très fin.
Par exemple, j’accompagne une dame qui était systématiquement dans le refus de la toilette. Les aides‑soignantes ne savaient plus comment la convaincre. Un jour j’ai eu l’idée de commencer à danser, à fredonner une chanson parce qu’elle aime la musique. Et petit à petit, elle m’a suivie jusqu’à la salle de bains. C’était la première toilette depuis longtemps. Aujourd’hui, elle me reconnaît et accepte ma présence.
Ce sont des victoires silencieuses, mais qui changent tout.
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Qu’est-ce qui rend ce métier si particulier pour vous ?
Ce sont les liens. Ce moment où une personne vous attend, où votre présence lui fait du bien. Quand j’ai été en arrêt à cause d’un cancer, le bureau recevait des appels tous les jours : « Elle revient quand ? ». Certains résidents ont même suspendu leur contrat jusqu’à ce que je reprenne.
Ça fait chaud au cœur. On se sent utile. On se dit que ce qu’on fait compte vraiment.
Ce métier est parfois difficile — les décès, la souffrance, les situations de refus, les journées longues et une reconnaissance pas toujours au rendez-vous — mais chaque geste, chaque sourire, chaque progrès, c’est une récompense.
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Si vous deviez décrire votre métier en 3 mots ?
Je dirais : patience, adaptation et humanité.
Patience, parce que rien n’avance sans elle. Adaptation, parce que chaque personne est unique et qu’il faut constamment réajuster sa manière de faire. Humanité, parce que c’est le cœur de notre travail : être là, vraiment.
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Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à se lancer ?
Je dirais qu’il faut aimer l’humain, profondément. Et surtout ne pas réduire le rôle d’auxiliaire de vie au ménage : on accompagne tout un quotidien, on soutient des familles, on fait partie du parcours de soins, on contribue à maintenir l’autonomie, la dignité, le lien social.
C’est un métier riche, exigeant, mais tellement gratifiant. On rentre chez soi en se disant : « Aujourd’hui, j’ai fait une différence. »
Je ne changerais de métier pour rien au monde. J’ai trouvé ma voie.
