• 10/03/2026
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Immersion au cœur du “fait maison” au Clos à Froment

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Au Clos à Froment, une initiative originale a récemment permis de lever les doutes… et de renforcer la confiance autour des repas servis au quotidien. À la suite d’échanges lors d’un commission restauration, un résident a accepté de passer de l’autre côté des fourneaux pour découvrir concrètement ce que signifie le “fait maison” au sein de l’établissement.

Une idée née d’un échange avec les résidents

Lors de la commission restauration d’octobre 2025, un petit groupe de résidents a exprimé des interrogations sur le caractère réellement “fait maison” de la cuisine. Plutôt que de laisser ces questions sans réponse, le chef Benoît Dupont a immédiatement proposé une solution simple et transparente : ouvrir les portes de la cuisine aux résidents volontaires.

Comme le résume Melenn Lales, animatrice socio‑éducative au sein de la résidence :
« En réaction, notre chef a proposé aux résidents de venir voir par eux‑mêmes, et même de mettre la main à la pâte, pour une immersion totale. »
Ce dernier n’a pas manqué de rassurer : « Vous verrez que les légumes sont frais, et que le poisson du vendredi est livré le matin‑même. »

C’est ainsi que Jacques Amchin, ancien marin‑pêcheur, a accepté de relever le défi.


Découvrir les coulisses de la cuisine

Après un temps d’échange pour fixer la date et les modalités, le rendez‑vous est donné le vendredi 30 janvier. À 8h25, M. Amchin se présente aux portes de la cuisine. Il enfile la tenue réglementaire, met son déambulateur de côté et commence la journée autour d’un café partagé avec Benoît Dupont et Samuel Delmazure, second de cuisine, pour démarrer dans une ambiance conviviale.

La matinée est ensuite bien remplie. Seul, M. Amchin détaille 12 kilos de roussette, épluche 1,5 kilo d’oignons, coupe le persil et prépare sa sauce au vin blanc et à la crème.
« Benoît me disait avec humour qu’il accompagnait, comme un “commis” », raconte Melenn. Ensemble, ils gèrent ensuite la cuisson du poisson au four et des pommes de terre à la vapeur, avant de répartir les plats pour les différents hameaux de l’établissement.


Une expérience qui renforce la confiance

Au‑delà de l’activité elle‑même, cette immersion s’inscrit dans une démarche plus large. Le chef Benoît Dupont y voit une façon de créer et renforcer le lien avec les résidents : venir leur parler pendant les repas, répondre à leurs questions, visiter les secteurs.
« Plus le lien de confiance est existant entre la cuisine et les résidents, plus les échanges sont simples et humains », explique Melenn.

De son côté, M. Amchin est ressorti avec une meilleure compréhension du fonctionnement de la cuisine et de ses contraintes, notamment en matière de sécurité et d’hygiène. Avec un sourire malicieux, il a même confié que « la roussette était meilleure ce jour‑là parce que je l’ai faite ».

Pour Samuel Delmazure, second de cuisine, l’expérience a aussi été très positive :
« Nous avons passé un très bon moment avec M. Amchin, et je suis pressé d’accueillir le prochain ou la prochaine en cuisine. »


Une initiative appelée à se renouveler

Selon Melenn Lales, cette initiative a apporté beaucoup : de la réassurance sur la propreté et le respect des règles d’hygiène, de la transparence, mais aussi une vraie valorisation du savoir‑faire de l’équipe de cuisine.
Elle souligne également les bénéfices pour le résident : confiance, valorisation de ses capacités et création d’un lien humain fort, « qui est au cœur de nos métiers ».

Face à cet enthousiasme partagé, l’établissement souhaite renouveler ce type d’immersion. Une résidente a d’ailleurs tout de suite proposé une recette de Koulibiac de saumon accompagné de pâté orthodoxe pour Pâques.

Une belle démonstration que, parfois, la meilleure réponse à une question… c’est d’ouvrir la porte et de cuisiner ensemble.